Une fois n’est pas coutume.
Sincèrement, les thèmes Cocopaquiens abordés par Nicolas Morvan, Président de la Communauté de communes, lors de ses vœux ce dernier vendredi ont retenu toute mon attention polie. Pas moins, pas plus.
A vrai dire, l’introduction de son DGS (Monsieur Bouyat, Directeur Général des Services de la Cocopaq) m’a parue plus « signifiante » même si, dans de telles circonstances, le contenu traite toujours plus des trains qui arrivent à l’heure que ceux qui cumulent retard, impatience puis énervement des voyageurs. Pour le Président, le Pays de Quimperlé est un pays créatif, de solidarités, de culture bretonne, de patrimoine, de nature. Ouf !
En conséquence, sur ces points, je ne peux rien vous dire, car il n’y a rien à dire.
Par contre, pour l’un et l’autre, les effluves racoleurs des prochaines élections présidentielle et législative ont envahie insidieusement la salle du Coat-Kaer.
Et déjà le slogan de campagne « Changement ou continuité* » refait surface. PS contre UMP, Hollande contre Sarkozy. Comme si 2012 ne pouvait se satisfaire que de cela.
Néanmoins, et il convient de le soulever (Persuadé que je serai le seul à le faire), Nicolas Morvan a réaffirmé sa préférence « Aubryenne » en appelant de ses vœux « la sortie du nucléaire » alors que François Hollande gagnant des primaires « socialistes » présente, sur ce sujet, une position plus « raisonnable » et conforme aux intérêts de la France et des Français. Est-ce la conséquence de la désignation du candidat socialiste pour la 8ème circonscription dont les résultats sont sans aucune équivoque (Gilbert Le Bris, député sortant : 78%, Nicolas Morvan, Maire de Moëlan, Président de la Cocopaq, Conseiller Régional : 22%) qui pousse le Président de la Cocopaq à (déjà !) se démarquer ?
Alain Kerhervé
* Phrase de Nicolas Morvan : Les citoyens seront amenés à faire un choix majeur, celui de la continuité ou du changement.
Nicolas Sarkozy avait pour politique la conservation du triple A. Combien de fois l’a-t-il exprimé ces derniers mois alors que la menace planait de plus en plus lourdement… et l’UMP de renchérir en boucle dans ses conventions que « si Hollande passe, la France perdra son triple A ».
Combien de gaullistes de conviction ont exprimé leur opposition à la prise en comptes des "notes" de ces agences ! Comme le rappelait le général de Gaulle, "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille".
Standard & Poor’s abaisse sa note de crédit souveraine à long terme sur la République française à AA +.
Elle affirme aussi une note souveraine à court terme de la France à A-1 +.
Mais le communiqué de l’agence Standard & Poor’s, au-delà de la dégradation de la note de la France, va bien plus loin. Son analyse ne peut que nous interpeler.
« Cet abaissement de la note reflète l’impact de l’intensification des problèmes politiques, financiers et monétaires dans la zone euro, au sein de laquelle la France est étroitement intégrée ».
Faut-il comprendre que l’agence juge l’intégration de la France dans l’Union Européenne si poussée qu’elle prive le gouvernement de la France de tous les leviers permettant de prendre les « bonnes » décisions ?
L’agence Standard & Poor’s l’avait déjà précisé : «Les conclusions du sommet de l’Union européenne du 9 décembre 2011 et les communiqués des décideurs politiques qui ont suivi nous ont conduit à penser que l’accord ne représentait pas une percée d’une importance et d’une ampleur suffisantes pour répondre entièrement aux problèmes financiers de la zone euro. »
Et l’agence de bien préciser que « les problèmes budgétaires que la zone euro doit affronter sont tout autant la conséquence de l’accentuation des déséquilibres et des divergences en matière de compétitivité entre le cœur de la zone euro et sa prétendue « périphérie ». Tout est dit.
Pourtant la France a des atouts
Si le communiqué souligne qu’une « réforme reposant sur le seul pilier de l’austérité budgétaire pourrait avoir un effet contraire à ses intentions, avec une chute de la demande intérieure résultant de la montée des préoccupations des consommateurs sur l’emploi et leurs revenus disponibles, avec pour conséquence une érosion des recettes fiscales nationales.» elle admet aussi que « les notes de la France continuent pour nous à refléter son économie riche, diversifiée et solide, ainsi que sa force de travail hautement qualifiée et productive ». ouf !
Et pendant ce temps…
« Les banques suspendent les négociations sur la dette de la Grèce » nous informe Bruno Arfeuille en précisant que « Les banques ont annoncé vendredi qu’elles suspendaient leurs négociations avec Athènes sur les modalités de la restructuration de la dette publique de la Grèce, et laissé entendre qu’elles pourraient revenir sur leur engagement à en effacer volontairement une grande partie. »
Quelques minutes après l’annonce des banques, une source proche des négociations a dit à l’AFP à Athènes que celles-ci traversaient un état de tension "extrême", et que les parties impliquées devaient "prendre conscience de la très grave situation" pour "éviter le pire".
Alors que le Président n’a pas encore réagit officiellement à cette perte du triple A, les réactions se multiplient.
Jacques Myard, député UMP pointe du doigt l’Europe et l’Euro : « La dégradation de la note de la France sur les marchés s’inscrit malheureusement et inéluctablement dans la logique de la politique monétaire catastrophique de la zone euro….Le dogmatisme des statuts de la BCE, imposé par l’Allemagne, se retourne désormais contre l’intérêt de la France, de l’Autriche et de la zone euro, dont la survie est désormais en cause. »
« Cette politique est totalement stupide ». « On nous a expliqué pendant des mois qu’il fallait subir de la rigueur et de l’austérité pour sauver le triple A. Le gouvernement a couru après les agences de notation. Et puis maintenant les Français subissent l’austérité et la France perd le AAA. Ce qui prouve bien que cette politique est totalement stupide », a commenté sur Europe1 le président de Debout la République et candidat à l’Elysée. Nicolas Dupont-Aignan a dit craindre que si la France « continue comme ça, elle est partie pour un destin à la Grecque ».
« La France, une valeur sûre ». La ministre du Budget Valérie Pécresse s’est voulue rassurante. « Aujourd’hui, la France est une valeur sûre. Elle peut rembourser sa dette et les nouvelles concernant notre déficit sont meilleures que prévu », a-t-elle assuré sur BFM-TV.
Une nouvelle qui « doit être relativisée ». Le secrétaire général de l’UMP a estimé vendredi soir que la dégradation d’un cran n’était « pas une nouvelle dont on peut se réjouir mais elle doit être relativisée ».
« Ça n’a aucune portée ». Quant à l’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, a estimé sur BFM-TV que le fait que « l’agence Tartempion dise cela monte un peu, cela baisse un peu, cela n’a aucune portée. Sauf qu’internationalement cela nous fait mal ».
François Bayrou, candidat du MoDem, en conférence de presse: « Nous y sommes. Toutes les déclarations optimistes et péremptoires de ces derniers mois sont donc cruellement démenties par les faits. La cause n’est pas évidemment seulement dans les cinq années Sarkozy. Le mal vient de plus loin. (…). Les gouvernements successifs de gauche et de droite portent leur part de responsabilité. Les Français ont une chance, c’est d’être devant l’échéance qui leur permettra d’exiger de leurs futurs dirigeants qu’ils suivent enfin le chemin du redressement. »
Dominique de Villepin, candidat de République solidaire, a vu une "sanction" qui sonne « l’échec de la politique du gouvernement », non « pas l’échec de la France ». Les Français « paient un enlisement de longue date ». Il a prôné « une cohérence d’action » et « un pacte de croissance et d’emploi » pour redresser la France.
Et aujourd’hui, peu avant 9 heurs à son QG de campagne, François Hollande :
« La dégradation de notre note financière est grave", a lancé le candidat socialiste, tout en soulignant aussitôt que "c’est une politique qui a été dégradée, pas la France". Selon lui, "Nicolas Sarkozy avait fait de la conservation du triple A un objectif de sa politique et même une obligation pour son gouvernement. C’est ainsi qu’avaient été justifiés pas moins de deux plans de rigueur en quatre mois. Cette bataille, et je le regrette, a été perdue". Désormais, a estimé le candidat socialiste, "c’est la crédibilité de la stratégie conduite depuis 2007 qui est mise en cause. Elle a manqué de cohérence, elle a manqué de constance et elle manqué de clairvoyance et surtout de résultats ».
Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à la présidentielle : « L’agence de notation Standard&Poors déclare la guerre de la finance contre la France. Il faut résister. Se coucher devant la finance aiguise son appétit. La capitulation grecque l’a prouvé. Il faut rendre les coups. »
Le triple A invité dans la campagne présidentielle
C’est avec raison que Nicolas Demorand se désole dans Libération de «L’exorbitant pouvoir des agences de notation s’est encore une fois dévoilé dans sa puissance intacte».
Mais il est clair que ce triple A perdu pour longtemps va s’inviter durablement dans la campagne présidentielle. Qu’il le veuille ou pas, c’est un camouflet pour Nicolas Sarkozy. Mais les autres candidats ne peuvent plus éviter d’inscrire, dans leurs interventions de campagne, ce point essentiel pour l’avenir de la France. Ce n’est pas la note qu’il convient de retenir : c’est l’ensemble des raisons qui a conduit à l’impuissance économique du gouvernement de la France.
Saisissons cette circonstance pour redonner à la France la potentialité de redevenir « la France ».